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Ce qui est attendu du nouveau plan quinquennal de la Chine
information fournie par Reuters 03/03/2026 à 12:26

par Kevin Yao

La Chine s'apprête à dévoiler cette semaine son nouveau plan quinquennal qui détaillera la manière dont Pékin entend stimuler la consommation, encourager l'innovation technologique et développer l'industrie manufacturière de pointe.

Voici ce qui est attendu de ce programme politique pour la période 2026-2030, qui sera présenté jeudi lors de l'ouverture de la session annuelle du Parlement chinois.

QU'EST-CE QU'UN PLAN QUINQUENNAL ?

Un plan quinquennal définit les priorités politiques et les objectifs à long terme de la Chine en matière de réforme économique, de modernisation industrielle, d'innovation technologique, de sécurité nationale, de protection de l'environnement et de développement social.

Le plan 2026-2030 sera le 15e depuis que la Chine a adopté la planification quinquennale, de type soviétique, dans les années 1950.

Les plans des années 1980 ont joué un rôle déterminant dans l'ascension de la Chine au rang de superpuissance mondiale, en stimulant notamment les réformes qui ont légalisé la propriété privée, ouvert les marchés et préparé le terrain pour son intégration dans le commerce mondial.

OBJECTIFS ÉCONOMIQUES

En 2022, le président Xi Jinping a présenté sa vision d'une "modernisation à la chinoise", qui prévoit de doubler la taille de l'économie d'ici 2035. Pour atteindre cet objectif, une croissance annuelle moyenne d'environ 4,2% est nécessaire au cours de la prochaine décennie.

Le nouveau plan ne devrait pas inclure d'objectif de croissance économique spécifique pour l'ensemble de la période 2026-2030, à l'instar du 14e plan quinquennal, qui avait pour la première fois omis de fixer un objectif pluriannuel.

Malgré cela, Pékin a généralement continué à fixer des objectifs de croissance annuels ambitieux et les analystes s'attendent à ce que les décideurs politiques visent une croissance annuelle comprise entre 4,5% et 5% en 2026 et au-delà.

Il reste à savoir si Pékin introduira un objectif de consommation, considéré comme un indicateur de la volonté avec laquelle les dirigeants envisagent de rééquilibrer les moteurs de la croissance.

La plupart des conseillers politiques estiment que la Chine devrait porter la consommation des ménages à environ 45% du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2030, contre environ 40% actuellement.

Un objectif chiffré témoignerait d'une volonté politique plus forte, mais laisserait tout de même la Chine à environ 15 points de pourcentage en dessous de la moyenne mondiale.

Les analystes s'attendent à ce que Pékin vise un taux de chômage urbain inférieur à 5,5% pour 2026-2030, conformément au plan précédent, et à ce qu'il maintienne la croissance du revenu disponible par habitant en phase avec la croissance globale du PIB.

La Chine devrait également viser une augmentation des dépenses de recherche et développement de plus de 7% par an, similaire au plan précédent, mais inférieure au rythme moyen de 10% enregistré entre 2021 et 2025.

Les analystes prévoient en outre que le plan visera à porter le taux d'urbanisation à 70% d'ici 2030, contre un objectif de 65% dans le plan précédent.

Les objectifs plus larges en matière d'autonomie technologique et de développement vert pourraient être réaffirmés.

PRIORITÉS POLITIQUES

Le plan quinquennal devrait donner la priorité à l'autosuffisance technologique par le biais de la politique industrielle, un objectif qui pourrait entrer en conflit avec les efforts visant à stimuler la consommation.

Les hauts dirigeants se sont engagés à maintenir une part "raisonnable" de l'industrie manufacturière dans l'économie, ce qui constitue un changement par rapport au plan précédent, qui visait à maintenir la part de l'industrie manufacturière dans le PIB "stable".

Le nouveau plan devrait également favoriser les percées dans les technologies de base telles que les semi-conducteurs et l'intelligence artificielle.

Mais la question de savoir si les décideurs politiques toléreront une baisse de la part du secteur manufacturier reste centrale. Laisser cette part baisser se traduirait par une volonté de rendre l'économie moins dépendante des exportations, même si Pékin continue de soutenir les secteurs stratégiques.

Lors de la présentation du plan, la Chine promettra très probablement de poursuivre sa campagne contre les guerres des prix et les surcapacités. Les analystes estiment toutefois qu'elle pourrait modérer ses efforts si ceux-ci venaient à nuire à la croissance.

Pékin pourrait accélérer ses efforts pour construire ce que la Chine appelle un marché national unifié, en supprimant le protectionnisme entre les gouvernements locaux et en normalisant les réglementations relatives au marché, au travail, à l'énergie, au foncier et à l'industrie.

Cette initiative pourrait également réduire la résistance des gouvernements locaux à la réduction des capacités.

POURQUOI C'EST IMPORTANT

Les analystes examineront le libellé du nouveau plan quinquennal afin d'évaluer la détermination de Pékin à rendre son modèle de croissance moins dépendant des investissements et des exportations et à s'appuyer davantage sur la consommation des ménages.

Pékin n'a guère progressé dans la réalisation de cet engagement qu'il a pris pour la première fois il y a plus de dix ans. Pourtant, la relance de la consommation est considérée comme essentielle pour soutenir la croissance à long terme.

Par ailleurs, les déclarations de Pékin en matière de politique industrielle permettront de déterminer sa réponse face à Washington, alors que la rivalité entre les deux puissances s'intensifie.

(Rédigé par Kevin Yao ; version française Etienne Breban, édité par Augustin Turpin)

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